Test - Amants . . .

extrait 11

J'ai très longtemps cru que cela n'arrivait qu'aux autres...

Mais je reviens à mon cher bar qui m'a fait découvrir une partie de cette vie et surtout ma sexualité que je ne pensais pas si débridée...

Le café "les négociants" était un ancien relais de négociants en vin au début du siècle passé. Sur la place avait lieu le marché aux bétails et tous les paysans de la région et de tout le canton se retrouvaient pour faire leurs affaires et terminaient leurs marchandages devant un verre de blanc le plus souvent. Alors que trois quarts de siècle s'étaient écoulés, le "Négo" était toujours là. Certes, la clientèle a radicalement changé: les mecs de tout poil ont remplacé le bétail côté affaires et le whisky à gogo a remplacé le petit coup de blanc. La salle à manger a été reconvertie en discothèque où tous les mecs de la région viennent se vider la tête et le reste en fin de semaine. L'odeur du mâle en rut peut vous prendre à la gorge et vous y trouverez toujours votre "bonheur". Même si ce "bonheur" n'est pas au rendez-vous, beaucoup se contentent d'une étreinte furtive dans la pénombre et il n'est pas rare de voir des mecs se palucher sans retenue à même le bar. Je ne parle pas des autres car combien de soirées mon "carnet de bal",  je devrais plutôt dire mon "carnet de sexe", affichait plus que complet et les prétendants au bal faisaient le pied de grue devant l'entrée après la fermeture. Je décidais parfois de garder le dernier de la liste ou alors de tous les envoyer balader !

        

                Le blanc immaculé du mariage.



Mes 20 ans. Beaucoup d'entre vous ont dû passer des anniversaires mémorables entre un grand nombre d'amis et leur famille. J'ai passé la nuit de mes vingt ans avec un étrange bonhomme que j'avais rencontré derrière mon bar: Hans était un peu médium. Il vivait dans un grand appartement de l'avenue d'Echallens et moi-même n'étant pas très ouvert au concept de l'au-delà,  j'acceptais l'invitation à un repas dans un petit bistrot sympa de cette même rue sans me douter de la nuit que j'allais passer.

Après le repas,  j'acceptai encore son invitation pour aller boire un dernier verre. Il me demanda s'il pouvait me lire mon avenir dans une boule de crystal. "Pourquoi pas !" En effet, comme je n'y croyais pas, je ne risquais rien. Il me raconta mon passé avec beaucoup de précision sans me poser aucune question puis vint le moment de me prédire l'avenir. La mort de mon père et de ma mère, pas besoin d'une boule de crystal, c'était dans la logique des choses... Une séance, ma foi, assez sympa et sans grandes révélations, une que j'attends toujours d'ailleurs, que j'allais devenir artiste !! Dans une autre vie peut-être. La soirée se termina comme vous l'imaginez tous... Mais la nuit me réserva une surprise étrange: vers les trois, quatre heures du matin, un cliquetis de serrure me fit sursauter. Des pas sourds, la porte de la chambre s'ouvre comme dans un rêve, les yeux écarquillés, je ne vois rien, personne...des traces de mains s'appuyant sur le drap! "Dis-moi, tu ressens aussi ça?" En effet, Hans était réveillé aussi. Jamais je n'ai su si j'avais rêvé cette nuit-là; Seule explication de Hans: " Tu es très réceptif à ces phénomène. " Bon,  je veux bien, mais je vous jure que jamais plus je n'ai passé denuit chez lui !

J'avais pris l'habitude avant d'aller bosser de prendre mon café dans une pizzeria proche de mon studio. c'est là que je me suis lié d'amitié avec la serveuse du lieu, une jeune portugaise fort sympa. Et de jours en jours, nous nous sommes racontés un peu nos vies, ses problèmes pour avoir un permis de séjour, sa liaison avec un tunisien lui aussi sans permis, etc...

Et un beau jour, elle m'apprit qu'elle devait bientôt quitter la Suisse car elle n'avait toujours pas obtenu ce satané permis. Je lui proposait tout simplement de m'épouser. "Mais tu rigoles ! Pourquoi je me marierais avec toi ?- Si tu veux,  je t'offre volontiers et en toute amitié ma nationalité et mon nom. " Les semaines passèrent et Caroline (prénom que tout le monde lui donnait, évidemment s'appeler Maria Fernanda était moins simple) ne me parla plus de ce problème.  Un soir, elle passa aux Négo's et me dit: "Ecoute, Jean-Pierre, te rappelles-tu de la proposition que tu m'as faite ? Et bien j'accepte !"

Et voilà comment le cinq janvier 1987, à dix heures du matin, à l'hôtel de ville de Lausanne, Caroline est devenue officiellement Madame Maria Fernanda da Silva Santos Favrat pour le meilleur et pour le pire. Pour la petite anecdote évidemment,  je n'avais pas averti mon père de cette bonne nouvelle. Pour moi, cela ne changerai en rien le cours de ma vie. Mais c'était sans compter sur un de ses collègues qui avait lu les bancs publiés et adressa fieèrement  ses félicitations à mon père qui, ce jour-là, crut qu'il avait enfin un fils "normal".

Mais le pire allait arriver. En effet, mon épouse qui, tout comme moi, n'avait rien changé à sa vie et forte de son passeport suisse, commenca  par demander un crédit pour offrir une voiture à son homme. Cinq ans de galère et d'engueulades qui se terminèrent par son départ  et pour moi, le paiement intégral de ses dettes. Et oui, nous nous étion mariés sous la communauté des biens. A ce jour,  je ne sais pas où elle est. Le mariage fut annulé et aujourd'hui, sur mon état civil, à mon grand étonnement, il est inscrit non pas divorcé ou célibataire mais "non marié" Etrange terme...

Ma période barman m'a permis de faire une rencontre qui à plus d'un titre a changé le cours de ma vie: une barbe de trois jours impécablement taillée, des yeux couleur noisette, un imperméable beige surmonté d'une écharpe rouge tel Aristide Bruand. Notre premier contact ne fut pas explosif, le côté classe et "propre sur lui" eut pour effet de me rendre timide à souhait. A sa demande, je lui préparait un cocktail de mon invention:  la seule chose qui fut explosive ce soir là...

 Trois mois...trois mois d'abstinence !!! En effet, mon beau barbu ne semblait pas très pressant ni pressé de virevolter dans ma galère de vie mais  je le voyais cependant très régulièrement. Michel semblait avoir quelqu'un d'invisible dans sa vie, mais qui ou quoi, mystère.

Avec ses côtés,  je commençais à découvrir un monde "normal" fait de petits restos sympas, de balades avec son chien, etc...mais toujours pas de sexe, chose que je n'avais jamais connue avec un homme auparavant. Je me souviens d'une petite anecdote: à l'occasion de mon anniversaire, lui qui n'aimait que la musique classique, m'offrit un livre sur David Bowie, alors que franchement, Bowie n'était pas mon chanteur préféré. Il  me permit également d'ouvrir une brêche en moi: qu'avais-je fait de ma courte vie jusqu'à présent?

à suivre...



Article ajouté le 2007-12-12 , consulté 296 fois

Commentaires


JP le 12/12/2007 à 17:45:49
bonjour manara je l'ai écris sur papier à la main et je le transcrit directement ici.Merci d'être fidèle et impatiente à mon récit.A bientôt
manara75 le 12/12/2007 à 17:34:03
Pas cool, je reste sur ma faim !!!
Et la suite alors, pfff va encore falloir attendre. Comme toujours, on souhaite connaître la suite alors ... a bientôt!!!

Petite question, vos écrits sont transcrits directement sur la page "blog4ever" où alors vous les stocker sur Windows ou autre?

Amicalement

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