Test - Amants . . .

extrait 9

Que de temps précieux à me demander ce que je cherchais, l'envie d'une épaule! Je ne trouvais que rut et râles qui emplissaient mon corps et mon esprit pour un moment. "Franchir le pas", passer dans la lumière,voici le but que je m'étais fixé pour ce soir. Je passais et repassais devant cette vitrine de bistrot place du Tunnel. Tunnel vers où ? Deux bonnes heures à essayer de "voir" ma vie à travers cette vitrine dépolie. "Vas-y, fonce !" me dicte ma conscience,ta vie est là derrière cette porte ! Un panneau : "Interdit au moins de 18 ans".

Je tourne la poignée, j'entre... lumière tamisée, odeur de tabac froid et d'alcool. "Village People" en bruit de fond. Personne, je suis seul, paralysé au milieu de cette salle. Deux paires d'yeux une regardent: une derrière le bar et l'autre hésitant entre la boule de sa partie de flipper et les deux boules que forment mes fesses. Je suis la pomme, proie de deux Adam. Je préfère me flétrir dans un coin de la salle, mal accoudé sur une table bancale.

Trente minutes passent, le temps de siffler un café dont la moitié a du terminer sur la table.Vite, partir...de l'air... Je devrais pourtant me méfier des portes, chaque fois une furie surgit et tombe sur moi. Dans la pénombre, ce volcan trop maquillé, trop perché, trop tout et prêt à allaiter un régiment de sapeurs-pompiers termine son éruption à ma table. "Salut ma biche,qu'est-ce que que tu bois ? Tu as l'air perdu ici." Voilà en deux mots comment j'ai fait la connaissance d'Aurore, ma "marraine" de la nuit. Aurore, tout le monde la connaît ici et elle connaît tout le monde. Elle vient tous les soirs boire son p'tit coup avant d'aller se poster sur son bout de trottoir. A chaque nouvel arrivant, j'ai droit au CV complet de l'individu, un vrai casting. Entre temps, je n'ai même pas réalisé que le bistrot s'était rempli comme un oeuf.Ce soir-là, Aurore n'a eu qu'un seul client: moi et elle n'a pas gagné un sous. La bouchère proposait sa viande de choix, et le choix, devinez...moi, bien entendui, maginez... à 17 ans. Elle s'était mise en tête de me présenter des mecs bien.

Sur le coup de minuit,les deux places encore libre près de nous trouvèrent preneurs. A côté de moi arriva Eduardo en vrai gentleman: Eduardo, bel espagnol à la trentaine resplendissante. Mes yeux n'arrivaient pas à quitter ce regard de braise et tout ce qui va avec. La soirée se termina par une ambiance festive dans un brouhaha assourdissant...

à suivre...



Article ajouté le 2007-11-23 , consulté 227 fois

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