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De mon côté, je découvrais une vraie passion pour la ferme. Je passais même les week-ends les bottes aux pieds, toujours fourré dans l'ombre d'André. Nous étions comme deux frères. Une autre raison de cette passion: le plaisir de me sentier libre dans mes faits et gestes.
La liberté justement commençait à poser un problème. Mon père avait de plus en plus de peine à me tenir à la maison, tout était prétexte à des sorties. J'avais pris l'habitude après la ferme de rejoindre les copains du village pour "découvrir" la Vie.
J'avais 13 ans et je trouvais qu'aller acheter les cigarettes d'André tous les samedis à la station service du coin à vélo sans recevoir un seul centime n'était pas légal..."Mon Dieu, que les gamins peuvent être cons parfois !"Alors je décidai de prélever une taxe d'une clope sur chaque paquet. Imaginez la sacrée réserve au bout de quelques temps ! Qu'en faire ? Les fumer ! Une dixaine en trente minutes: certainement un record pour mes poumons !
Quelques mois passèrent et je découvris simultanément l'amour, l'alcool et la musique. De grands yeux, de longs cheveux bruns, deux ans de plus que moi, un caractère de cochon et une fâcheuse habitude à avaler un breuvage à base de plantes "Appenzeller"pour les connaisseurs... et fumer le cigare ! Voilà comment, par amour (je le croyais à l'époque), je pris la première "cuite"de ma vie avec effluves de cigare en prime ! Que n'aurais-je pas fait pour PATRICIA ?!
La vague du disco battait son plein. Une chanson du groupe "SB Devotion" passait en anglais sur toutes les radios. Le titre: " Love me Baby", la chanteuse Sheila foudroya mon coeur. Depuis, beaucoup de ses chansons ont accompagné les diverses étapes de ma vie, aujourd'hui encore.
Patricia, encore elle. Je peux dire que la première fois que mon coeur a battu d'amour, ce fut pour elle. De son côté, j'étais le bon copain, l'ami fidèle. A l'époque, j'étais amoureux donc peu importe ce qu'elle pensait. "Et en plus, un gamin âgé de deux ans de moins que moi, vous imaginez !... "
Le grand chambardement scolaire m'obligea à quitter le petit collège du village pour la ville.Trente minutes de trajet quatre fois par jour !Deux heures de liberté, loin de la maison et de l'école, une heure de plus en ratant le bus à Lausanne. Autant dire le rêve et les interdits à portée de moi. A quatorze ans, mon amour pour les filles était total. Le désir non, il était ailleurs. En tout cas, pas aux "seins"des filles...
à suivre

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