Test - Amants . . .

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Catégorie TEST AMANTS (une histoire de VIE): Histoire de VIE....ben la mienne longtemps que je l'écris,mais elle est pas finie....mais excellente thérapie

extrait1

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Chose étrange, je n'ai pas le moindre souvenir de vacances passées "en famille". Avant le remariage de mon père, nous partions tous les deux en voiture un week-end par mois. Mon père m'a fait découvrir une bonne partie de la Suisse. Petite précision: à cette époque, je ne supportais pas le cigare!

Mais dès l'arrivée de Renée, plus question de prendre le petit piepier en vacances. A 11 ans, pourquoi ne pas l'envoyer, d'une part, dans la ferme paternelle et d'une autre..."Les jolies colonies de vacances ! Merci papa"... mais pas maman.

Pendant quatre ans, mes vacances ont été bercées par veaux, vaches et cochons. Me voici arrivé à la ferme du bonheur, du moins je l'ai cru, pendant quelques années. La vie à la ferme, dirigée par Robert le Patriarche, aîné des frères de mon père, sa femme Rosa, mon cousin André et sa femme Josette, le clan Favrat au grand complet, héritait d'une nouvelle recrue en ma personne. A partir de ce moment-là, je pris conscience que mensonges et tromperies étaient monnaie courante dans le clan paternel. La belle dame aux beaux yeux aurait facilement passé pour une sainte auprès d'eux.

 A commencer par mon oncle Robert, vieux beau dragueur impénitent, qui a trompé sa femme plus souvent qu'à son  tour,et qui, pour couronner le tout, se permettait de jouer les moralisateurs à tour de bras et critiquer la moindre personne de son entourage: un vrai dictateur avec en prime la même petite moustache qu'un autre dictateur tristement célèbre!

Le premier à en souffrir était son fils André, brave gars baraqué, gentil, mais soumis à la moindre volonté de son père et n'attendant qu'une chose: prendre la place du vieux. J'imagine et j'espère que c'est chose faite aujourd'hui! Mais je reste persuadé que le vieux dicte encore ses ordres. Bien des années plus tard, j'ai découvert par le plus grand des hasards que lui aussi avait été l'amant de la Belle dame, bon goût pour une fois et digne fils de son père côté gaudriole du moins....

A suivre


Posté le 14/11/2007 | 295 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 2

De mon côté, je découvrais une vraie passion pour la ferme. Je passais même les week-ends les bottes aux pieds, toujours fourré dans l'ombre d'André. Nous étions comme deux frères. Une autre raison de cette passion: le plaisir de me sentier libre dans mes faits et gestes.

La liberté justement commençait à poser un problème. Mon père avait de plus en plus de peine à me tenir à la maison, tout était prétexte à des sorties. J'avais pris l'habitude après la ferme de rejoindre les copains du village pour "découvrir" la Vie.

J'avais 13 ans et je trouvais qu'aller acheter les cigarettes d'André tous les samedis à la station service du coin à vélo sans recevoir un seul centime n'était pas légal..."Mon Dieu, que les gamins peuvent être cons parfois !"Alors je décidai de prélever une taxe d'une clope sur chaque paquet. Imaginez la sacrée réserve au bout de quelques temps ! Qu'en faire ? Les fumer ! Une dixaine en trente minutes: certainement un record pour mes poumons !

Quelques mois passèrent et je découvris simultanément l'amour, l'alcool et la musique. De grands yeux, de longs cheveux bruns, deux ans de plus que moi, un caractère de cochon et une fâcheuse habitude à avaler un breuvage à base de plantes "Appenzeller"pour les connaisseurs... et fumer le cigare ! Voilà comment, par amour (je le croyais à l'époque), je pris la première "cuite"de ma vie avec effluves de cigare en prime ! Que n'aurais-je pas fait pour  PATRICIA ?!

La vague du disco battait son plein. Une chanson du groupe "SB Devotion" passait en anglais sur toutes les radios. Le titre: " Love me Baby", la chanteuse Sheila foudroya mon coeur. Depuis, beaucoup de ses chansons ont accompagné les diverses étapes de ma vie, aujourd'hui encore.

Patricia, encore elle. Je peux dire que la première fois que mon coeur a battu d'amour, ce fut pour elle. De son côté, j'étais le bon copain, l'ami fidèle. A l'époque, j'étais amoureux donc peu importe ce qu'elle pensait. "Et en plus, un gamin âgé de deux ans de moins que moi, vous imaginez !... "

Le grand chambardement scolaire m'obligea à quitter le petit collège du village pour la ville.Trente minutes de trajet quatre fois par jour !Deux heures de liberté, loin de la maison et de l'école, une heure de plus en ratant le bus à Lausanne. Autant dire le rêve et les interdits à portée de moi. A quatorze ans, mon amour pour les filles était total. Le désir non, il était ailleurs. En tout cas, pas aux "seins"des filles...

à suivre

 


Posté le 15/11/2007 | 255 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 3

Bientôt les vacances de Noël, plus grand chose à faire à l'école, pas trop envie de rentrer à la maison, pourquoi ne pas rater le bus et profiter d'une heure pour aller à la découverte de mon identité ? Mais quelle identité ?

D'un oeil, je regarde filer mon bus, de l'autre je suis attiré par une porte derrière la station,"la porte de l'interdit". En effet, combien de fois mon père m'avait mis en garde ! "Quand tu attends le bus, ne descends jamais là-bas, va aux toilettes à l'école mais jamais, au grand jamais là-bas !" Pourquoi....? Ben pourquoi ne pas braver l'interdit ? J'adore ça ! Que peut-il bien se passer de si effrayant dans cet endroit ? Après tout, je ne dois pas risquer grand chose !

Bien décidéje m'approche d'un pas alerte, un cadre de porte sans porte, une rampe d'escaliers sombre, très sombre... Je descends quelques marches et là, une odeur étrange, inconnue prend d'assaut mes narines,,mélange de désinfectant et d'urine. Cet escalier n'en finit pas, les marches sont noires et glissantes... des ombres se croisent et s'entrelacent, je suis effrayé, ennivré, excité, je ne sais pas, je ne sais plus, il faut que je sorte... Quelle heure est-il ? Pardon ? Tu as quelle heure à ta montre, jeune homme ? Je sais pas... je ne sais plus ni l'heure ni le jour ni où je suis...

Une porte claque, mon ventre contre le mur froid, une main puissante malaxe mon corps complétement à l'abandon. L'envie, le dégoût. Je ne suis plus qu'une chose offerte à l'assaut de cette "bête"qui me bouffait littéralement la vie depuis quelques mois: le sexe...

Brutal, bestial ! Je suis offert, je ne crie pas, je gueule ! Un manche énorme me possède, me lime, me déchire, je sens son souffle fort s'accélerer, son ventre claque contre mon dos, et soudain reste collé dans la sueur de sa jouissance et la douleur de la mienne...Je me retrouve à genoux, sans force, dans quelques mètres carré où bien des ados ont du perdre une bonne partie de leurs illusions et le reste aussi !...

à suivre...


Posté le 15/11/2007 | 237 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 4

Je remonte l'escalier qui m'a fait descendre dans les méandres d'une vie d'ombre qui sera la mienne pendant quelques années ! Cet homme à qui j'ai donné mon innocence, je le retrouverai quatre ans plus tard. J'ai repris mon bus, le regard de mon père n'a rien capté ce soir là, mais moi, j'avais l'impression que la terre entière pouvait le lire sur mon visage. Mélange de dégoût et de plaisir... Mon esprit pencha pour le dégoût.

La vie reprit son cours entre mon père, ma belle-mère mais sans mon frère ni ma soeur. Pendant les deux années qui suivirent, j'ai refoulé mes pulsions en essayant d'enfouir au plus profond de moi (enfin pas trop) ces quelques minutes de rut !

L'année 1982, celle de mes 16 ans, fut marquée par deux révélations. La première, le jour de mon anniversaire : je me trouvais ce jour-là chez la belle dame aux beaux yeux, maman, parlant de choses et d'autres, plutôt d'autres. Pensant que j'étais au courant, maman me parla sans détour de la première union de mon père. En l'espace de quelques minutes, j'appris que mon père avait été marié une douzaine d'années avec Rose Marie. Enfin je comprenais le trou dans la vie de mon père. <<Qu'as-tu fais avant de rencontrer maman?- Rien de spécial, je travaillais. >> Bel exemple de sincérité ! Chose étrange, cette Rose Marie était à peu de chose prêt le portrait de Renée, la troisième épouse de mon père. Comment avait-il pu pendant des années montrer maman du doigt ? Alors qu'il aurait dû avant tout le tourner contre lui-même!

Mais se regarder en face dans cette famille à laquelle j'appartiens, ne doit pas vraiment faire partie des habitudes.

Le mot autocritique est inconnu dans "le Petit Favrat Illustré". Plus facile de montrer le voisin de l'index.

Je dois dire que la quote de la belle dame aux beaux yeux commençait à remonter sur mon échelle personnelle. La seconde révélation me fit aussi l'effet d'une bombe: j'avais également un frère de dix ans mon aîné. Sur le moment, je ne pourrais pas dire comment je l'ai appris, j'y reviendrai ultérieurement si l'anecdote refait surface.

A 16 ans, il me semble que beaucoup de jeunes pensent devenir adultes et je n'échappais pas à la règle. Je l'ai appris peu de temps avant ma confirmation à l'église. Ma confirmation... Son organisation ne fut pas une partie de plaisir: de son côté, mon père n'acceptait en aucun cas la présence de maman, il menaçait tout simplement de ne pas être présent, et moi je pensais que la place de la mère de son fils devait être à ses côtés. Finalement, maman était présente au dixième rang. A la réception qui suivit dans la salle de restaurant du village, maman était au café. Scène surréaliste, une bonne partie de la famille alla à tour de rôle lui dire un petit bonjour. Mon père ne savait pas que maman était au café. Il me reste une image gravée dans la mémoire: mon père et ma mère face à face, seul souvenir de mes parents ensemble.

à suivre


Posté le 15/11/2007 | 228 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 5

La même année, quelques mois plus tard, ma soeur Nicole se marie pour le meilleur et pour le pire. Lors de cette belle journée, j'ai fait la connaissance de mon frère Philippe qui était chargé de venir me chercher chez mon père. mon père n'avait pas jugé nécessaire de participer à ce mariage. Allez savoir pourquoi... De cette belle journée, je garde, tel un tableau de maître, l'unique photo de la belle dame avec ses trois enfants. Je ne m'étends pas sur le cliché: la mariée était très belle, vraiment, et le marié très ému.

Je m'arrête un instant sur le marié (pas plus?) Un vrai fantasme: que du muscle et rien que du muscle! Une gueule bien carrée, mais rien d'autre que du muscle... Très bien pour ma soeur qui pourra le façonner à volonté pendant quelques années. Pendant ces années, j'ai eu tout loisir de me rincer l'oeil. Ne me regardez pas comme ça ! Que celui ou celle qui ne l'a jamais fait me lance ce qui lui tombe sous la main. Une paire de fesses, je ne vous dis que ça!

Enfin...revenons à nos fesses... pardon, à nos moutons.

Armé de mes 16 ans et de ma nouvelle image d' "adulte", la réalité me fit vite déchanter.

Je me retrouvais un beau soir devant cet escalier de la désillusion. La même odeur mais personne cette fois, je restais planté là mort de trouille et d'excitation. Combien de temps suis-je resté planté là à attendre, je ne sais plus. Et qu'est-ce que j'attendais? Une étreinte à la sauvette comme deux ans auparavant ?...

à suivre


Posté le 16/11/2007 | 236 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 6

Un bruit de pas dans l'escalier me tira de mes réflexions. Une paire de baskets surmontée d'un jean avantageait sont propriétaire. Plus haut, une chemise à fleurs ouverte sur un poitrail velu à souhait: ce gars semblait sortir tout droit de la série "Magnum". Son visage et ses cheveux, sa grande taille aussi n'avait rien à envier à Tom  Selleck.

Il se planta nonchalamment à côté de moi. Je ne savais pas quoi faire: l'accoster, fuir ?Finalement, je lui demandai l'heure. Pas très original, j'avais déjà entendu ça. Il se mit à rire d'une voix profonde et sensuelle. J'étais toujours dans un état second. <<Que fais-tu là? Il est tard. >> Je baragouinais une histoire bidon, il rit à nouveau, <<Il fait froid, ne reste pas ici, viens prendre un café à la maison.>>

Surtout ne pas reculer, <<avec plaisir!>> Nous avons remonté rapidement l'escalier lugubre. Une bouffée d'air frais me fit réaliser la situation. "Je ne le connais même pas ! Il va me violer et me tuer ensuite!..." En passant sous un réverbère, la lumière froide sur son visage fit fondre mes dernières craintes.

Jean, 36 ans, habitait un minuscule studio sous la gare: petite kitchenette et chambre dans laquelle se trouvait un grand lit. Le décor était planté. Je me souviens encore du café-pruneaux, j'en ai bu quatre ou cinq. Ce qui aida considérablement Jean dans ses approches.

De cette deuxième première, je garde le souvenir d'une montagne de douceur et de puissance.

Jean avait l'habitude de laisser la clé de son studio sur le haut de la porte, chose à retenir. Nos rencontres devinrent assez fréquentes et réglées comme du papier à musique: lundi, mercredi et jeudi. Le reste de la semaine, chacun pour soi "et Dieu pour tous" du moins jusqu'à un certain soir.

à suivre


Posté le 19/11/2007 | 287 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 7

Nous avions passé une chouette soirée, petit repas petits cafés, petits pruneaux (doucement sur le pruneau) et énormement de culture physique. Epuisés par tant de sport, nous nous sommes écroulés, bonne nuit. Le lendemain matin, un cliqueti très reconnaissable me tira de mon sommeil. Je restai enfoui sous la couette, une ombre se profila dans la lueur du jour naissant. Une tête frisée, des hanches avantageuses, un air placide, elle s'assit à côté de moi la main bien décidée à jouer avec "le malaise" de mon entrejambe. La surprise fut grande, pas mon entre jambe, car Jean, au même instant ressentit lui aussi le même besoin. Les deux mains se frôlèrent et se rencontrèrent ,et tout à coup, lumière, cris voix féminine. Une femme, enfin pour l'instant, une vraie furie, crache sa rage, sa colère et son dégoût dans ma direction. Les insultes pleuvent à toute vitesse, j'en prend plein la figure. Jean préfère se terrer dans le coin du lit. Une main molle et moite fait un aller retour sur ma petite gueule. La porte claque...le silence...Jean, tu m'expliques ?

A côté de moi, je n'avais plus le beau mâle de Magnum mais Timide de Blanche Neige. J'appris en cinq minutes que j'étais jaloux comme un pou, que Liselotte était le nom du pou... pardon, de ma rivale, l'officielle de service pour la galerie et pour le parterre aussi à mon avis.

Je me sentais trahi, je devenais l'officieux de service, le bouche trou. Moi au second plan pour l'amour de ma Vie! Lui qui m'avait tout appris, à qui je m'offrais corps et âme, il me trompait. Mais l'Amour du haut de mes seize ans me rendait aveugle et pendant une année, je jouais le second rôle d'une comédie de boulevard dont le dernier acte sous forme d'enveloppe jaune officielle vint encrasser une mécanique ma foi fort bien huilée jusque là!

à suivre


Posté le 19/11/2007 | 239 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 8

Jean fut convoqué chez le juge des mineurs. Motif: détournement de mineur agravé de rapports contre-nature. En 1982, la majorité était à 20 ans.

Je fus entendu, mais rien n'y fit, j'eus beau dire et redire mon concentement, Jean fut condamné à une amende et une peine de prison avec sursis. Aussi claires furent les accusations, aussi sombre fut la personne qui nous dénonca. Jamais, jusqu'à ce jour je n'ai su qui nous avaient dénoncés.

                      ENTREE DANS LA LUMIERE...

Les mois passèrent, mon coeur toujours rempli de Jean, commencait à aspirer à une histoire plus simple et à deux. Lausanne est une ville ou la communauté gay se partage comme partout en deux catégories, à cette époque du moins. La première se retrouve "au grand jour"dans les boîtes et bars de nuit branchés gay. Chacun y va de ses pulsions et et de ses envies sans complexes. Histoires d'amour, aventures, les couples se font et se défont aussi vite que le rythme de la musique et de l'alcool qui coule à flots.

La seconde catégorie appartient au monde de l'ombre des corps qui se touchent entre deux portes dans un pissoir puant et glauque, la peur au ventre mais le sexe dressé dans l'attente d'un corps offert pour une étreinte rapide."La honte en étendard pour seule gloire!"

Combiens d'heures dans mon début de vie ai-je pu passer à attendre "l'âme seule" dans ces "mouroirs d'amours"?

à suivre


Posté le 21/11/2007 | 259 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 9

Que de temps précieux à me demander ce que je cherchais, l'envie d'une épaule! Je ne trouvais que rut et râles qui emplissaient mon corps et mon esprit pour un moment. "Franchir le pas", passer dans la lumière,voici le but que je m'étais fixé pour ce soir. Je passais et repassais devant cette vitrine de bistrot place du Tunnel. Tunnel vers où ? Deux bonnes heures à essayer de "voir" ma vie à travers cette vitrine dépolie. "Vas-y, fonce !" me dicte ma conscience,ta vie est là derrière cette porte ! Un panneau : "Interdit au moins de 18 ans".

Je tourne la poignée, j'entre... lumière tamisée, odeur de tabac froid et d'alcool. "Village People" en bruit de fond. Personne, je suis seul, paralysé au milieu de cette salle. Deux paires d'yeux une regardent: une derrière le bar et l'autre hésitant entre la boule de sa partie de flipper et les deux boules que forment mes fesses. Je suis la pomme, proie de deux Adam. Je préfère me flétrir dans un coin de la salle, mal accoudé sur une table bancale.

Trente minutes passent, le temps de siffler un café dont la moitié a du terminer sur la table.Vite, partir...de l'air... Je devrais pourtant me méfier des portes, chaque fois une furie surgit et tombe sur moi. Dans la pénombre, ce volcan trop maquillé, trop perché, trop tout et prêt à allaiter un régiment de sapeurs-pompiers termine son éruption à ma table. "Salut ma biche,qu'est-ce que que tu bois ? Tu as l'air perdu ici." Voilà en deux mots comment j'ai fait la connaissance d'Aurore, ma "marraine" de la nuit. Aurore, tout le monde la connaît ici et elle connaît tout le monde. Elle vient tous les soirs boire son p'tit coup avant d'aller se poster sur son bout de trottoir. A chaque nouvel arrivant, j'ai droit au CV complet de l'individu, un vrai casting. Entre temps, je n'ai même pas réalisé que le bistrot s'était rempli comme un oeuf.Ce soir-là, Aurore n'a eu qu'un seul client: moi et elle n'a pas gagné un sous. La bouchère proposait sa viande de choix, et le choix, devinez...moi, bien entendui, maginez... à 17 ans. Elle s'était mise en tête de me présenter des mecs bien.

Sur le coup de minuit,les deux places encore libre près de nous trouvèrent preneurs. A côté de moi arriva Eduardo en vrai gentleman: Eduardo, bel espagnol à la trentaine resplendissante. Mes yeux n'arrivaient pas à quitter ce regard de braise et tout ce qui va avec. La soirée se termina par une ambiance festive dans un brouhaha assourdissant...

à suivre...


Posté le 23/11/2007 | 229 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 10

Comme par magie, je me réveille dans les bras de mon bel Hidalgo. Quelle nuit ! J'ai tout oublié des "à côtés", je n'étais plus dans la réalité, à un tel point que j'avais effacé la présence obligatoire de son ami sans lequel il ne fait rien. Et oui, pendant près de trois mois, aveuglé par mon beau brun, j'ai tout partagé. De cette période, je garde un souvenir particulier que je vous révélerai peut-être plus tard dans mon récit.

Revenons à ma découverte de ce monde de la nuit qui déboule dans ma courte vie. Un mois après mon entrée "au Tunnel", j'y travaillais comme barman, un titre vachement ronflant pour six jours de boulot par semaine de 17h à 1h ou 2h le week-end. Je crois les patrons à ce moment-là étaient plus motivés par mon physique pouvant faire entrer un peu plus de fric dans le tiroir caisse que par mes compétences hôtelières. Mais très vite, ma passion pour ce boulot et ses attraits relationnels notamment (prémisses à mon job actuel certainement) prit le dessus sur des horaires ma foi pas évidents. Du mardi au jeudi soir, le boulot était plus proche de l'assistant social, chaque soir m'apportait son lot d'histoires de vie, de questions restant souvent sans réponse, d'histoires d'amours de pissotières sans lendemain pour les uns ou du dernier parfum st Laurent pour les autres...

Mais combien de soir ai-je pu passer à imaginer et me demander pourquoi un "fléau" terrible s'en prenait aussi violemment à "ma" communauté ? Combien d'amis d'un jour ou de quelques années sont tombés comme des mouches, et le passage du mâle dans toute sa splendeur en un pauvre corps marqué par les stigmates de cette saloperie. Au delà de la perte d'amis chers à mon coeur, je ne pouvais pas encore imaginer que,vingt ans plus tard...

 

à suivre...


Posté le 06/12/2007 | 228 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 11

J'ai très longtemps cru que cela n'arrivait qu'aux autres...

Mais je reviens à mon cher bar qui m'a fait découvrir une partie de cette vie et surtout ma sexualité que je ne pensais pas si débridée...

Le café "les négociants" était un ancien relais de négociants en vin au début du siècle passé. Sur la place avait lieu le marché aux bétails et tous les paysans de la région et de tout le canton se retrouvaient pour faire leurs affaires et terminaient leurs marchandages devant un verre de blanc le plus souvent. Alors que trois quarts de siècle s'étaient écoulés, le "Négo" était toujours là. Certes, la clientèle a radicalement changé: les mecs de tout poil ont remplacé le bétail côté affaires et le whisky à gogo a remplacé le petit coup de blanc. La salle à manger a été reconvertie en discothèque où tous les mecs de la région viennent se vider la tête et le reste en fin de semaine. L'odeur du mâle en rut peut vous prendre à la gorge et vous y trouverez toujours votre "bonheur". Même si ce "bonheur" n'est pas au rendez-vous, beaucoup se contentent d'une étreinte furtive dans la pénombre et il n'est pas rare de voir des mecs se palucher sans retenue à même le bar. Je ne parle pas des autres car combien de soirées mon "carnet de bal",  je devrais plutôt dire mon "carnet de sexe", affichait plus que complet et les prétendants au bal faisaient le pied de grue devant l'entrée après la fermeture. Je décidais parfois de garder le dernier de la liste ou alors de tous les envoyer balader !

        

                Le blanc immaculé du mariage.



Mes 20 ans. Beaucoup d'entre vous ont dû passer des anniversaires mémorables entre un grand nombre d'amis et leur famille. J'ai passé la nuit de mes vingt ans avec un étrange bonhomme que j'avais rencontré derrière mon bar: Hans était un peu médium. Il vivait dans un grand appartement de l'avenue d'Echallens et moi-même n'étant pas très ouvert au concept de l'au-delà,  j'acceptais l'invitation à un repas dans un petit bistrot sympa de cette même rue sans me douter de la nuit que j'allais passer.

Après le repas,  j'acceptai encore son invitation pour aller boire un dernier verre. Il me demanda s'il pouvait me lire mon avenir dans une boule de crystal. "Pourquoi pas !" En effet, comme je n'y croyais pas, je ne risquais rien. Il me raconta mon passé avec beaucoup de précision sans me poser aucune question puis vint le moment de me prédire l'avenir. La mort de mon père et de ma mère, pas besoin d'une boule de crystal, c'était dans la logique des choses... Une séance, ma foi, assez sympa et sans grandes révélations, une que j'attends toujours d'ailleurs, que j'allais devenir artiste !! Dans une autre vie peut-être. La soirée se termina comme vous l'imaginez tous... Mais la nuit me réserva une surprise étrange: vers les trois, quatre heures du matin, un cliquetis de serrure me fit sursauter. Des pas sourds, la porte de la chambre s'ouvre comme dans un rêve, les yeux écarquillés, je ne vois rien, personne...des traces de mains s'appuyant sur le drap! "Dis-moi, tu ressens aussi ça?" En effet, Hans était réveillé aussi. Jamais je n'ai su si j'avais rêvé cette nuit-là; Seule explication de Hans: " Tu es très réceptif à ces phénomène. " Bon,  je veux bien, mais je vous jure que jamais plus je n'ai passé denuit chez lui !

J'avais pris l'habitude avant d'aller bosser de prendre mon café dans une pizzeria proche de mon studio. c'est là que je me suis lié d'amitié avec la serveuse du lieu, une jeune portugaise fort sympa. Et de jours en jours, nous nous sommes racontés un peu nos vies, ses problèmes pour avoir un permis de séjour, sa liaison avec un tunisien lui aussi sans permis, etc...

Et un beau jour, elle m'apprit qu'elle devait bientôt quitter la Suisse car elle n'avait toujours pas obtenu ce satané permis. Je lui proposait tout simplement de m'épouser. "Mais tu rigoles ! Pourquoi je me marierais avec toi ?- Si tu veux,  je t'offre volontiers et en toute amitié ma nationalité et mon nom. " Les semaines passèrent et Caroline (prénom que tout le monde lui donnait, évidemment s'appeler Maria Fernanda était moins simple) ne me parla plus de ce problème.  Un soir, elle passa aux Négo's et me dit: "Ecoute, Jean-Pierre, te rappelles-tu de la proposition que tu m'as faite ? Et bien j'accepte !"

Et voilà comment le cinq janvier 1987, à dix heures du matin, à l'hôtel de ville de Lausanne, Caroline est devenue officiellement Madame Maria Fernanda da Silva Santos Favrat pour le meilleur et pour le pire. Pour la petite anecdote évidemment,  je n'avais pas averti mon père de cette bonne nouvelle. Pour moi, cela ne changerai en rien le cours de ma vie. Mais c'était sans compter sur un de ses collègues qui avait lu les bancs publiés et adressa fieèrement  ses félicitations à mon père qui, ce jour-là, crut qu'il avait enfin un fils "normal".

Mais le pire allait arriver. En effet, mon épouse qui, tout comme moi, n'avait rien changé à sa vie et forte de son passeport suisse, commenca  par demander un crédit pour offrir une voiture à son homme. Cinq ans de galère et d'engueulades qui se terminèrent par son départ  et pour moi, le paiement intégral de ses dettes. Et oui, nous nous étion mariés sous la communauté des biens. A ce jour,  je ne sais pas où elle est. Le mariage fut annulé et aujourd'hui, sur mon état civil, à mon grand étonnement, il est inscrit non pas divorcé ou célibataire mais "non marié" Etrange terme...

Ma période barman m'a permis de faire une rencontre qui à plus d'un titre a changé le cours de ma vie: une barbe de trois jours impécablement taillée, des yeux couleur noisette, un imperméable beige surmonté d'une écharpe rouge tel Aristide Bruand. Notre premier contact ne fut pas explosif, le côté classe et "propre sur lui" eut pour effet de me rendre timide à souhait. A sa demande, je lui préparait un cocktail de mon invention:  la seule chose qui fut explosive ce soir là...

 Trois mois...trois mois d'abstinence !!! En effet, mon beau barbu ne semblait pas très pressant ni pressé de virevolter dans ma galère de vie mais  je le voyais cependant très régulièrement. Michel semblait avoir quelqu'un d'invisible dans sa vie, mais qui ou quoi, mystère.

Avec ses côtés,  je commençais à découvrir un monde "normal" fait de petits restos sympas, de balades avec son chien, etc...mais toujours pas de sexe, chose que je n'avais jamais connue avec un homme auparavant. Je me souviens d'une petite anecdote: à l'occasion de mon anniversaire, lui qui n'aimait que la musique classique, m'offrit un livre sur David Bowie, alors que franchement, Bowie n'était pas mon chanteur préféré. Il  me permit également d'ouvrir une brêche en moi: qu'avais-je fait de ma courte vie jusqu'à présent?

à suivre...


Posté le 12/12/2007 | 300 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 12

Pas grand chose mis à part un apprentissage d'horticulteur abandonné juste avant le diplôme, des petits boulots ça et là et ce job de barman très bien rémunéré mais quels débouchés m'offriraient-ils par la suite ? Il est vrai qu'après deux ans passés dans ce bar,  j'avais un carnet d'adresses bien fourni, un salaire et des pourboires qui me permettaient de vivre sans toucher à mon salaire de base. Imaginez il y a 20 ans, un salaire entre 4000 et 5000 francs suisses, plus les pourboires !Mais cette machine bien huilée soudainement se mit à caler. De retour de deux semaines de vacances, nous avons appris, mon collègue et moi, que le bar devait fermer à la fin du mois. Depuis quelques temps déjà, les livreurs ne nous laissaient la marchandise que contre paiement immédiat, nos salaires avaient de plus en plus de peine à arriver sur nos comptes. Le discours "Prenez des avances sur les caisses du jour" était, si j'ose dire, monnaie courante.

Les patrons avaient tendance à confondre chiffre d'affaires et bénéfice net. Le lendemain du dernier soir, nous avions rendez vous avec eux pour recevoir notre dû, personne n'était au rendez-vous. Ils avaient pris la poudre d'escampette en Espagne ! Après plusieurs semaines pendant lesquelles nous avons frappé à diverses portes, j'ai appris que pendant deux ans, je n'avais été déclaré nulle part et vu mon âge (je n'avais pas 18 ans) légalement, je n'aurai pas eu le droit de travailler dans un bar comme celui-là car la clientèle n'était pas admise en-dessous de 18 ans. En résumé, je n'avais aucun droit. Me voici donc "à la rue". Que faire ? Surtout sans aucun diplôme en poche. Je me retrouvai dans la ronde infernale des petites annonces. Cependant, une petite annonce dans la rubriques "divers" attira mon attention ce jour-là. NOUVEAU BAR EN VALAIS RECHERCHE "MIGNON BARMAN". Je traduisis aussitôt "barman gay", du moins je supposais. En essayant de garder mon sérieux, je décroche le téléphone. La voix très colorée d'une femme d'origine espagnole m'explique en quelques mots qu'elle est propriétaire d'une auberge et qu'elle a sentit (son sens des affaires) que la communauté gay valaisanne n'avait pas de lieu de rencontre officiel et qu'elle était entrain d'aménager un bar chic surnommé "L'Adonis". Tout un programme... Un bar entièrement en marbre du sol au plafond avec une petite salle privée au fond. Je rêve ! Elle voulait en faire un bordel au masculin ? "Mais non ! me dit-elle, " juste un endroit intime"...

A suivre...


Posté le 14/12/2007 | 258 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 13

Me voilà embarqué dans cette aventure, ne sachant pas vraiment dans quoi je me lançais. j'avais un minuscule studio pour domaine dans une ville inconnue et homophobe au possible. J'allais vite devenir "la pédale" de l'Adonis. Je ne sais pas actuellement mais à l'époque les bars dans le canton du valais ouivraient de 16 h à 23h. Très peu de temps pour faire un chiffre d'affaire convenable.

Une bonne partie des gays suisses romands étaient présents au début (merci à mon carnet d'adresse) et venaient faire une virée en territoire inconnu...et peut-être trouver un peu de chair fraîche. Au fil des mois, ma clientèle la plus fidèle était composée avant tout des serveurs des nombreux petits troquets de la région, en majorité gay ou en passe de le devenir... Pour les autres, il s'agissait de venir en bande de cinq ou six "casser du pédé", agressivité verbale et parfois physique, entrer dans le bar avec sa moto. Souvent, le plus agressif et hargneux de la bande revenait plus tard, calme et docile, "la queue entre les jambes", me demander ce que je faisais après la fermeture, sans doute histoire de vidanger le trop plein de leur pression "artérielle". Ils invoquaient tous les prétextes imaginables: envie de connaître, de pas mourir idiot, "ma femme est à la maternité et je suis seul", etc.

En parlant de femme enceinte, un lundi jour de fermeture du bar, je revenais de la gare à pieds, environs trois kilomètres pour arriver dans mon studio. En longeant tranquillement la grand route, je vis arriver une voiture en sens inverse et environ cinq minutes plus tard, la même voiture revenait dans le même sens que moi. Un fort accent espagnol, bel gueule à la Banderas: "Je peux te déposer ? - Pourquoi pas" Je vais pouvoir me retrouver tranquille chez moi et me coucher tôt! "Si tu as envie de venir prendre un verre à la maison, j'habite à côté de chez toi". Encore un qui me connaît mais que je ne connais moi-même ni d'Eve ni d'Adam ! Finalement, en bon célibataire, j'acceptais cette invitation ma foi bien tentante. Nous voici donc arrivé dans un des vieux quartiers de Martigny appelé le bourg: de vieilles maisons   fort jolies, style début du XX° siècle, allignées agréablement le long d'une ruelle qui, la nuit venue, prenait une toute autre dimension,ressemblant au tristement célébre quartier de "White Chapel" à Londres, hanté pendant de longues années par le fantôme de Jack l'éventreur... Mais, trève d'Histoire, je reviens à la mienne... avec un petit h.

à suivre...


Posté le 18/12/2007 | 218 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 14

flashback  

2 avril 2001 9h du matin.

Début de journée calme devant mon café au lait. Parmi le courrier se mêlent publicités en tout genre, lettres, le quotidien que je lis plus par habitude que par plaisir. Au fil des pages, j'y trouve des informations divers avec son lot de guerres et de politique mondiale. Je tourne une page et je tombe littéralement en arrêt: "Monsieur Jean-Pierre FAVRAT", mon nom écrit noir sur blanc  dans la rubrique "avis mortuaires".  En une fraction de seconde, je découvre avec stupeur que j'annonce par la voie du journal ainsi que celle de ma "famille", le décès de Madame Raymonde Broyon qui s'est paisiblement endormie après une courte maladie, dans sa 65° année.

Maman ! Je hurle ! Tout vascille. Les chats se cachent en entendant ma voix se briser... Maman!Un nom que si longtemps je n'arrivais à associer qu'avec abandon. Pour la seconde fois, elle me quittait sans prévenir. J'avais voulu punir ton absence, moi aussi, à ma manière. Je refusais d'entendre tes éternels regrets parfumés aux effluves anisées. Plus de six mois que je ne t'avais donné aucunes nouvelles. Encore une fois tu as eu le dernier mot, le mot de la fin. Mais cette fois, excuse-moi maman, mais le mot fin, je l'écrirai à ma manière. Mais certainement pas aujourd'hui et pas comme ça.

Voilà, l'ange de la Belle Dame aux beaux yeux veille...

Adieu Maman.

à suivre...


Posté le 22/12/2007 | 294 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

extrait 15

Je suis né le 19 mars 1966 à Lausanne (suisse) à 7h21 comme une lettre à la poste...(celle de l'époque, alors!) selon l'expression de maman, de son prénom Raymonde. Ce jour-là,  je fus certainement le plus beau cadeau que ma mère fit à mon père. Un fils unique, sa fierté ! Mon père Louis, après une union infertile de 12 ans couronnée d'un premier divorce, avait enfin trouvé le bonheur, une femme superbe, une épouse et enfin et surtout la mère de son fils Jean-Pierre Louis... moi-même.

Mon prénom, je le dois et Dieu merci, à maman. Mon père, dernier d'une famille de six enfants, souhaitait en souvenir de deux frères très tôt disparus, me prénommer Jules-Ernest !... Merci maman.

De ces premières années, je ne garde, je crois, que de bons souvenirs: petite enfance choyée au sein d'un couple semble- t-il uni, telle une tribu dans sa case. "La Case" nom de la ferme que mes parents habitaient depuis leur mariage. La maison de mon enfance, située à quelques kilomètres de Lausanne dans un charmant petit village portant le nom surprenant de  Vers-chez les Blanc, ancienne ferme reconvertie en trois appartements et un petit rural. Ma tante Maguy, soeur de mon père, viviait au rez-de-chaussée, mes parents et moi au premier. De l'âutre côté du rural habitait un étrange bonhomme sans âge dont il ne reste dans ma mémoire qu'un sobriquet: "Rigadin".Tout ce petit monde vivait autour du petit Piepierre, surnom qui encore actuellement a l'art et pas la manière de me mettre en boule !

Au début de l'année 1967, ma soeur vint compléter la petite famille. Mignonne tête blonde de six ans, née d'une précédente union de maman. Nicole fut accueillie à bras ouverts par mon père, et surtout par moi, ravi d'être pouponné par "la femme de ma Vie"(du moins quelques années plus tard). Une vie dorée pour nous qui se transforma vite en cage trop dorée pour maman, habituée dès son plus jeune âge à trimer à la ferme de son enfance. Puis très vite, pour ne pas être à charge, commença à travailler dans de nombreux bistrots. Maman était l'image de la femme moderne et libre avant l'heure, ce qui était encore mal vue à cette époque-là. La première image d'elle que je garde gravée dans ma mémoire est celle d'une femme très brune, beauté ténébreuse, avec ce petit je-ne-sais-quoi de tristesse et de charme perdus dans ses pensées, qui n'appartenaient qu'à elle. Ce que ma foi, je retrouve ou plutôt mes interlocuteurs, dans mes propres traits. Et plus les années passent, plus j'aime cette comparaison.

à suivre...


Posté le 24/12/2007 | 339 consultations | 4 commentaires | Voir et commenter l'article

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